Ces jours ci mes pensées vont pour mes compagnons d'armes.
L'un d'entre nous s'en est allé, non le moindre puisque c'était notre capitaine président de l'Epée de Savoie.
Jean-Marc, un de mes premiers compagnons d'armes donc.
Monter un camp, croiser le fer, brandir une corne à boire ou une épée en l'air. 
C'était peut être trop peu mais c'était pourtant bien précieux.

duel

40 ans, cancer, bigre...
Je me dis qu'il est mort vite...
Trop tôt quand on a des enfants encore jeunes, mais suffisament vite pour ne pas trainer une souffrance personnelle ou celle d'un entourage qui indépendamment des forces de chacun ne fait que s'accroitre au fil du temps.

Je me dis qu'il n'était pas seul. Et que c'était bien.
Personne ne devrait mourir seul.
Il est noble je crois de savoir accompagner une âme vers sa désincarnation.
Assister au passage, vers la vie, ou vers le trépas, c'est plutot sacré je crois.

Je me dis que tout cela est bien douloureux.
La vie, la mort, la société, le stress, les clopes, les soubresauts de la la chair et de l'esprit.
J'ai en mémoire mes cours de français sur les situations tragiques et les différentes manières de les transcender. Chacun face à la mort, la sienne ou celle d'autrui, est un jour confronté à cela. Il n'y pas pas de solution magique. Juste l'expérience à vivre, et cela reste terrible à chaque fois.

Soupirs...
C'est le 3eme pote que j'enterre, que la mort emporte à l'âge de 40 ans.

40 ans est souvent un âge frontière apparemment. 3 potes de mon âge qui ne vont pas au delà donc.
A l'aube de mes 42 ans je me dis que je vis du bonus. Déjà épicurien il y a 20 ans, je relativise beaucoup les drames de société d'aujourd'hui tant j'ai envie de profiter de la vie parfois.
Chaque jour est un bonus, demain tout peut s'arrêter.
C'est immensément triste mais lorsque ça m'arrivera, j'aimerais ne pas trop être déçu de ce que je laisse derrière moi. J'aimerais avoir le sentiment du devoir accompli : avoir bien vécu, appris, compris, transmis.

Aujourd'hui, je pense à mes parents, à mon père qui à 77 ans a déjà presque doublé ce cap de vie. Joli bonus. Je me dis que j'ai peut être hérité de la solide constitution de mes grands parents, qui ont survécu à 2 guerres mondiales en pleine Picardie qui sait.
Tant mieux.
Tant mieux pour mes prores garçons.
Je n'aimerais pas je pense les laisser trop tôt derrière moi.
Ils font aussi partie de ma vie, et moi de la leur et j'aimerais que nous puissions en profiter encore quelques temps j'espère.

Aujourd'hui je pense aussi aux fils de Jean-Marc, et à sa compagne, et à ses amis. A la vie qui continue aussi. Et à de nouveaux enseignements issus de nos expériences de mort et de vie.

Aujourd'hui je me dis notamment de bien profiter de ce bonus que je vis, et ne pas oublier de transmettre le meilleur de ce que j'ai moi même acquis, à mes proches, à mes amis, à mes fils, et à qui en a envie.